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Des études en arts, Baccalauréat à l’Université Concordia à Montréal et par la suite une Maîtrise en arts visuels au Nova Scotia College of Art and Design à Halifax, m’ont permis de développer un intérêt tout particulier pour la peinture et la manipulation et l’animation de l’image. Ma démarche est intuitive et sensible. Je poétise ce qui m’entoure. D’un œil amusé et intrigué, j’explore et expérimente. La simplicité m’inspire autant que la complexité des phénomènes physiques. Paysages numériques Le paysage est le sujet central de ma recherche, il s’active et se découvre. Je l’aborde à travers différents médiums. Une cueillette photographique et vidéographique d’allers-retours répétitifs entre deux villes, Montréal-Halifax, a alimenté des voyages réels et imaginaires. J’inscrivais ma présence sur le matériel documentaire par l’ajout de marques peintes ou dessinées, par l’utilisation de lentilles, de filtres, d’autocollants ou autres. Créant ainsi des paysages technologiques, issus d’expériences indirectes, filtrées et médiatisées. Le paysage du Bas-Saint-Laurent que j’ai tant documenté est maintenant celui que j’habite. Cette sédentarisation a graduellement inspirée une infiltration du paysage dans le contexte domestique. Ce nouveau voyage s’enracine autour du concept de la maison. C’est un désir de faire entrer le public dans le privé, l’extérieur à l’intérieur, et ainsi donner au paysage une place autre que celle du tableau ou de la fenêtre. À l’été 2008, souhaitant faire voyager le paysage de ma région, j’ai créé un timbre poste. Cette image composite prend les allures d’une peinture à numéros inachevée ironisant les représentations conventionnelles des paysages régionaux. En 2007, j’ai utilisé le véhicule publicitaire pour présenter trois œuvres photographiques sur des panneaux routiers aux abords de l’autoroute 20, entre La Pocatière et Saint-André. Telle une action miroir, le paysage était retourné vers lui-même, il était le sujet et le lieu de diffusion des œuvres. Pour faire écho à la position des regardeurs, les paysages semblaient êtres vus à partir de l’intérieur d’une automobile. Celle-ci agissait comme filtre, comme obstacle à l’expérience directe de ces paysages. Les œuvres ont été manipulées afin de créer des images dépassant les propriétés de la caméra-photo et s’approchant de la perception humaine. Peinture Au cours des années, ma production artistique s’est naturellement partagée en deux. La peinture continue de s’imposer à elle-même, c’est une forme d’expression que je pratique depuis le tout début. Elle existe telle une source d’inspiration primaire, une énergie vitale. Entre le personnel et le poétique, chaque canevas devient un monde où les seules limites sont celles que j’y impose. Je joue, j’invente, je crée. J’entretiens une relation passionnelle avec elle. C’est une lutte constante, une recherche inventive et innovatrice et un désir de dépassement. Chaque fois est une première fois. Je conçois la peinture comme un lieu de réalisation en dehors du cadre normal de la vie. Tout est fantaisie, le réel et le fictif y cohabitent harmonieusement. Je m’y sens bien. Chaque fois, un monde y est réinventé. Il y a dans ma peinture un désir de transformer le réel en abstraction. Tout devient lignes, formes et couleurs vibrant au rythme des compositions. J’ose pousser les affinités et le déséquilibre à l’extrême. Le geste est libre. Je travaille intuitivement avec le support et les matériaux. Le cercle est récurrent. Il est centration. Il devient une référence dans ces mondes construits. Il résiste aux lois de la gravité. Il est une source féconde délimitant l’intérieur et l’extérieur. C’est encore plus vrai dans mes peintures récentes où la grossesse devient un thème interposé. Mes peintures sont une célébration de la vie et sa diversité, une recherche d’équilibre et de fraîcheur.
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